La sécurité : une affaire vitale

« Vous êtes la personne la mieux placée pour vous protéger. »
(Linda Lou Pager)

Les maladies sexuellement transmissibles (MST)
Ce chapitre, qui traite du préservatif et des moyens d’éviter les maladies sexuellement transmissibles, est sans doute le moins attrayant. Mais je vous encourage vivement à le lire. On ne peut se permettre aujourd’hui d’avoir des relations sexuelles non protégées. Et je suis persuadée qu’avec un peu d’imagination, ces contraintes peuvent être détournées au profit de la sensualité.
Il n’y a pas si longtemps, on ne parlait que de contraception … À présent, nous sommes face à une réalité plus brutale, et nous n’en avons pas toujours conscience. Il n’y a pas que les homosexuels qui risquent d’attraper le virus HIV au cours d’un rapport, ou les morphinomanes’ par intraveineuses. Actuellement, aux États-Unis, les groupes les plus exposés au sida sont les hétérosexuelles et leurs enfants. En outre, il Y a d’autres maladies sexuellement transmissibles, et également mortelles: le cancer du col de l’utérus, l’hépatite B.
Pourquoi être irresponsable? Il n’y a rien de grossier à exiger des relations protégées tant que vous n’êtes pas sûrs l’un et l’autre d’être parfaitement sains. C’est une question de respect de soi et d’autrui – notions qui devraient être à la base de toute relation humaine, sexuelle ou non.

Ne jamais faire confiance
L’histoire d’Elena mérite réflexion. Cette femme demande au jeune homme qui la courtise s’il a fait le test du sida. Il répond qu’il est séronégatif. Six mois plus tard, ils décident de vivre ensemble. Le jour où ils s’installent dans leur nouvelle maison, Elena ressent de violentes douleurs à la poitrine et doit être hospitalisée d’urgence. On diagnostique une infection pulmonaire, due au virus HW. Enquête faite, le compagnon d’Elena est séropositif depuis deux ans. Avant Elena, il a contaminé son ex-femme et son ancienne petite amie. On n’est jamais trop prudent.

Les mécanismes de la contagion
Si vous ne vous protégez pas, vous pouvez attraper une MST à tout moment, et avec n’importe qui. Même si vous avez peu de partenaires. Même avec votre premier amant. Un Américain sur quinze a contracté une MST en l’an 2001, et un Américain sur quatre en a déjà une. Bien souvent, les personnes atteintes se portent parfaitement. Les femmes, notamment, peuvent rester des années sans savoir qu’elles ont des chlamydiae -lorsqu’elles l’apprennent, le mal est irréparable. Certaines MST non soignées peuvent aboutir à une stérilité définitive.
Ces maladies se transmettent lors d’une pénétration – vaginale, orale ou anale – ou par simple contact entre le pénis et le vagin, la bouche ou l’anus. De la syphilis au sida, une femme peut infecter un homme ou une autre femme – il suffit d’un simple contact génital. Un homme peut infecter une femme ou un autre homme. Une femme peut transmettre l’herpès à son enfant au moment de l’accouchement, et d’autres maladies en l’allaitant. Le fait d’utiliser la même seringue en intraveineuse est un facteur de risque majeur – et pas seulement pour le sida.
Soyons franc: le risque zéro implique l’abstinence totale.
Ce qui est difficile. La chasteté n’est pas le propos de ce livre. La meilleure solution consiste donc à prendre le plus de précautions possible.
L’époque où l’on faisait l’amour avec un homme qu’on connaissait à peine et qu’on ne revoyait jamais est bel et bien révolue.
En théorie, les deux partenaires devraient pratiquer tous les tests qui permettent de détecter les MST connues, attendre six mois, puis refaire ces tests. Dans l’intervalle, ils n’auront pas de rapports sexuels non protégés – ni entre eux ni avec d’autres; ils utiliseront systématiquement un préservatif pour toute pénétration.
Le préservatif vous met à l’abri d’une grossesse et des maladies vénériennes transmises par pénétration vaginale ou anale. Mais vous ne serez pas protégée des virus et des bactéries transmises lors d’un cunnilingus – saviez-vous qu’à la suite de pratiques buccales vous pouviez attraper une laryngite?
Une autre façon de minimiser les risques est de imiter e nombre de partenaires. Si ‘un des deux a plus d’un partenaire, le risque augmente. La confiance est vraiment un élément essentiel de toute relation. La plus petite infidélité, sans aucune conséquence hier, peut tuer aujourd’hui. Il ne s’agit pas d’un jugement moral, mais d’un fait. Si vous trompez votre mari ou votre amant, utilisez un préservatif.
Et si vous devez vous faire des intraveineuses, ne passez la seringue à personne – et n’utilisez pas une aiguille qui a déjà servi.

Les préservatifs
Je vous ai parlé des maladies vénériennes les plus courantes – sachez que la science en a identifié plus de 50 ! Mon but n’est pas de vous effrayer, mais de vous informer. Se protéger est une question de respect de soi et d’autrui. On ne conduit pas sans assurance, on n’habite pas une maison qui n’est pas assurée.
Les préservatifs en latex sont à ce jour la meilleure garantie qui existe. S’il s’agit d’éviter une grossesse, vous pouvez oublier de prendre des précautions plusieurs fois sans être enceinte. Mais il suffit d’un rapport non protégé pour contracter une MST. Pourquoi risquer bêtement sa vie?
Les condoms en boyau d’animaux, quant à eux, ont un goût affreux. En outre, ils ne protègent que des grossesses non désirées: très poreux, ils laissent passer les germes microscopiques responsables des maladies vénériennes.
Le Nonoxynoi-9
Sachez que les gels spermicides contenant du Nonoxynol-9 ne limitent que les risques de grossesse et n’empêchent nullement la transmission des maladies vénériennes. On devrait en fait utiliser les gels spermicides en plus des condoms – et jamais en remplacement de ceux-ci. Le Nonoxynol-9 est une substance antiseptique qui détruit le virus HIV dans les expériences in vitro. Mais rien ne prouve qu’il tue le HIV qui pourrait vous infecter. Et, pour nombre de femmes, cette substance irritante – que l’on trouve dans certaines crèmes, certains gels lubrifiants, et sur les préservatifs – serait la cause de vaginites chroniques et d’infections urinaires.
La « cape» contraceptive
Le préservatif féminin – ou cape contraceptive – en polyuréthane Ovès est épais, solide. Pour l’essentiel, il s’agit d’un produit étonnant. On peut insérer les préservatifs Ovès plusieurs heures avant les rapports sexuels. On peut également utiliser un lubrifiant à base d’huile ou d’eau. Ce préservatif est idéal pour les personnes allergiques au latex et présente l’avantage d’être utilisable lors des pénétrations anales. Il a toutefois un défaut majeur: les risques de grossesse sont de 24 % sur un an !
Les préservatifs en latex
• Évitez les préservatifs fabriqués en Chine ou en Corée, souvent fabriqués avec un latex de mauvaise qualité.
• Méfiez-vous des nouveautés, par exemple du préservatif fluorescent, qui ne vous protège ni des maladies vénériennes ni des grossesses non désirées.
• Si l’idée d’acheter des préservatifs en pharmacie vous pose problème, commandez ceux-ci sur Internet (voir la liste des sites en fin d’ouvrage).
• La marque de condoms la plus utilisée par les établissements de prostitution légale au Nevada sont les produits Ansell : Prime, Contempo et Lifestyles – sans Nonoxynol-9.
Quand un préservatif craque
N’importe quel préservatif peut se rompre durant un rapport sexuel, pour maintes raisons. Gardez en mémoire les considérations suivantes si vous utilisez des préservatifs :
• une déchirure est forcément due à une manipulation incorrecte – vous avez ouvert le sachet avec les dents, gardé le préservatif dans votre portefeuille pendant des mois, utilisé un lubrifiant à base d’huile;
• à l’occasion d’une étude, le docteur Bruce Voeller, directeur de la fondation Mariposa, a découvert que les briseurs chroniques de préservatifs sont des utilisateurs forcenés de crème pour les mains, dont ils se servent comme lubrifiant sexuel. Un lubrifiant doit être à base d’eau, or la plupart de ces crèmes contiennent des huiles ou divers corps gras. Or, ceux-ci crèvent le latex. Vérifiez donc toujours la composition des produits que vous utilisez avec les condoms. Choisissez des lubrifiants à base d’eau, seuls compatibles avec le latex
Quelles excuses invoquent-ils pour ne pas mettre de préservatif?
Un plaisir moindre. Les femmes qui, dans mes séminaires, ont eu des rapports sexuels non protégés, indiquent toujours que leur compagnon éprouve moins de plaisir avec un préservatif. Il faut le reconnaître: les sensations sont moins vives. Toutefois, après la période de probation de six mois, vous pourrez – si vous êtes sains l’un et l’autre – avoir des rapports sexuels sans préservatif.
Ils sont trop petits: mensonge! Parmi les hommes qui ne se protègent pas, certains affirment qu’ils ne trouvent pas de préservatifs à leur taille: ils seraient trop petits! Chaque fois qu’un homme vous dit cela, prenez un préservatif de taille standard, resserrez vos doigts en forme de bec d’oiseau, introduisez-les et tirez le préservatif jusqu’au-dessus de votre coude (il ira jusque-là, croyez-moi, mais prenez garde à vos ongles !) Puis demandez à l’homme concerné si son sexe dépasse de beaucoup votre avant-bras. Quand je fais l’expérience dans un séminaire, je déclenche l’hilarité.
Ils sont trop petits: c’est vrai! Certains hommes sont plus à l’aise dans un préservatif surdimensionné. En effet, si votre compagnon a un sexe très large, un condom de taille normale peut le serrer à la base du pénis, ou au niveau du gland, et il peut en souffrir.

Comment leur enfiler un préservatif: la méthode italienne
Définition. Il y a une façon de mettre un préservatif qui plaît aux hommes, une astuce inventée par les « professionnelles ». Je l’ai appelée la méthode italienne. On enfile le préservatif avec la bouche.
Une petite anecdote. Il y a quelques années, une femme de cinquante-deux ans, styliste, vient me voir. Elle a rencontré un homme. Ils ont décidé d’avoir des relations sexuelles protégées. La dame, qui est divorcée, ignore la méthode italienne. Je la lui explique. Elle me quitte, très sûre d’elle, ravie de constater que ses nouvelles connaissances stimulent déjà sa libido. Le jour de leur premier rendez-vous intime, son amant sort un condom de sa poche – elle-même en a apporté plusieurs – et lui demande, penaud: « Tu sais comment mettre ce truc? » La dame le regarde et dit: « Oui, mais seulement avec la bouche. » Il n’en croit pas ses oreilles et lui demande de répéter. Ce qu’elle fait, puis, devant son insistance, elle lui avoue avoir participé à un séminaire de pratique sexuelle et d’informations sur les rapports sans risques. Quatre ans plus tard, le sérieux et les capacités sensuelles de la dame en question le séduisent toujours.
Cette histoire me ravit. Toutefois, je tiens à préciser que j’ai passé du temps avec cette dame. Je l’ai laissée faire des erreurs, puis recommencer. La méthode italienne requiert une certaine pratique – je vous suggère de vous entraîner sur un concombre, ou sur un godemiché -, mais l’effet est garanti.
Comme me l’a dit un scénariste de Los Angeles: « C’est excitant d’un bout à l’autre! J’adore regarder ses seins quand elle se penche vers moi, sentir la pression et la chaleur de sa bouche qui descend lentement jusqu’à la base de mon sexe. C’est comme si nous étions les vedettes de notre propre film X ! »
Mais attention: n’utilisez que des préservatifs en latex pour pratiquer la méthode italienne.
Entraînons-nous d’abord. Si cette méthode ne vous tente pas, ne vous forcez pas – mais utilisez néanmoins des préservatifs.
Tout d’abord, deux exercices avant de commencer: – mettre la bouche dans la position du flûtiste;
– ouvrir la bouche et recouvrir vos dents avec vos lèvres.
Passons à la pratique. La méthode italienne comprend six étapes, qu’il convient de respecter scrupuleusement :
1. Humectez vos lèvres avec un lubrifiant incolore (un gel teinté ne pose aucun problème, mais il ferait ressembler votre bouche à celle d’un clown). Vous pouvez appliquer le lubrifiant vous-même ou demander à votre partenaire de le faire.
2. Un paquet de trois condoms devrait suffire – évitez les grandes boîtes, votre partenaire en tirerait des conclusions. Sortez un préservatif de son emballage. Prenez l’extrémité en forme de tétine entre le pouce et l’index, comme si vous teniez un mini-sombrero par la pointe – mais attention: les bords du sombrero doivent s’enrouler vers l’extérieur (autrement vous ne pourriez pas dérouler le condom le long du pénis).
3. Retournez le préservatif, pointe en bas – comme si vous teniez le sombrero à l’envers – et déposez une goutte de lubrifiant à base d’eau dans le réceptacle, de la grosseur d’un petit pois. N’allez pas au-delà du réceptacle: une trop grande quantité de gel empêcherait le préservatif d’adhérer au pénis. (Pourquoi une aussi petite dose de lubrifiant? Pour deux raisons. D’une part, le condom va se dérouler en douceur sur la partie la plus sensible de son sexe – le gland. D’autre part, le condom bougera légèrement sur son gland pendant la pénétration, ce qui lui procurera des sensations plus fortes.)
4. Avancez les lèvres en les resserrant, comme si vous alliez donner un baiser à quelqu’un, mais veillez à ce qu’elles ne se touchent pas. Pendant une minute, vous allez ressembler à un enfant de chœur, mais rassurez-vous: la méprise est de courte durée. Placez le condom à l’entrée de la bouche. Pratiquez une légère succion pour maintenir les bords du sombrero à l’extérieur des lèvres – vos lèvres toujours dans la position du flûtiste.
5. Tenez son pénis d’une main et approchez votre bouche de son gland. Pas trop lentement, afin que le gel ne goule pas. Relâchez légèrement l’aspiration pour laisser le préservatif se poser sur son gland.
Collez-le au gland avec votre langue, dans un mouvement descendant.
6. Placez vos lèvres lubrifiées sur vos dents, puis poussez doucement mais fermement sur le bord du préservatif pour le faire descendre le long du pénis d’un seul mouvement. Cela ne peut marcher que si vos lèvres recouvrent vos dents. Dans le cas contraire, non seulement vous risqueriez de blesser votre partenaire, mais vous n’auriez pas la force de dérouler rapidement le préservatif jusqu’à la base du pénis – vos lèvres ont en effet besoin du soutien de vos dents. Si vous ne réussissez pas à dérouler le préservatif d’un seul coup, ne vous inquiétez pas : peu de femmes y arrivent les premières fois. Descendez aussi bas que possible, puis terminez avec vos doigts.
Attention: ne lambinez pas durant les étapes 4, 5 et 6, afin que le gel ne coule pas sur le pénis.

Extrait du livre « L’art de faire l’amour à un homme » de Linda Lou Paget.

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